Pascal Mariotti

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Rencontre avec Pascal Mariotti, logisticien, nommé le 9 février dernier délégué général d’un groupement de coopération sanitaire constitué par une trentaine d’hôpitaux pour moderniser leurs fonctions achats et approvisionnements. Pour lui,  spécialiste des achats et de la logistique, l’automatisation de ces deux fonctions dans les hôpitaux permet de « dégager les soignants, de tâches qui ne sont pas les leurs et leur permettre ainsi de se recentrer sur les soins ».

Depuis juillet 2002, vous coordonnez la mise en place d’un portail de commandes commun à plusieurs hôpitaux. Quelle en est plus précisément la finalité ?

Un portail d’e-procurement autorise l’émission dématérialisée de la totalité des commandes d’un hôpital. Il gère l’expression des demandes formulées par chaque établissement, la passation des commandes, l’émission des bons de commande, les livraisons, l’émission et la réception de factures électroniques. L’ensemble de ces fonctions est actuellement pris en charge par une application dédiée de la plate-forme Achats Pro.

Concrètement, nous avons découpé nos achats en quatre grands domaines : les médicaments, les dispositifs médicaux, les produits d’analyse, mais aussi les prestations d’hôtellerie, les fournitures de bureau et les consommables informatiques. Chaque type de produit fera l’objet de catalogues spécifiques. Cette solution est commune à 17 CHU, mais chaque CHU y porte ses marchés à lui.

Quels critères fonctionnels et ergo-nomiques avez-vous retenus pour ce projet ?

Nous avons retenu plusieurs principes de base : mutualiser les ressources des différents participants et confier à un prestataire externe la mise en œuvre de cette solution. Dans notre appel d’offres constitué en 2003, nous avons donc exclu l’éventualité d’un portail d’e-procurement constitué uniquement pour nous et laissé la possibilité au prestataire de nous proposer une solution intégrée à une place de marché existante. Vis-à-vis de nos fournisseurs, nous voulions en revanche conserver la maîtrise de son contenu et permettre aux différents établissements d’échanger des informations sur la qualité des prestations obtenues : quantités effectivement livrées aux commandes précédentes, respect des délais de livraison, prix traités d’un établissement à un autre. Contrairement à des solutions présentées aux hôpitaux comme gratuites mais bien sûr payantes pour les fournisseurs, notre modèle repose peu sur leur contribution financière. Nous mettons en œuvre la solution à nos frais, nous en assurons le fonctionnement et nous demandons aux fournisseurs candidats de s’intégrer à notre plate-forme, de constituer des catalogues. Ce projet est gagnant-gagnant, lorsque les différents partenaires acceptent d’adapter leur système d’information en conséquence.

Quel est aujourd’hui l’état d’avancement du projet ?

La phase pilote est presque achevée. Elle a été conduite sur l’hôpital de Nantes pour son volet médical, Lille pour la biologie, le CHU d’Amiens enfin pour les fournitures informatiques, bureautiques et également pour les produits utilisés dans les laboratoires d’analyses. La recette puis le passage en production dans ces trois établissements, étaient programmés pour la fin du mois d’avril. Jusqu’à cette date, les premiers fournisseurs intéressés ont été accompagnés pour leur permettre de s’intégrer à ce portail baptisé Aurea. La solution sera ensuite déployée sur six autres établissements avant l’été et trois ou quatre à la rentrée prochaine.

En 2007, quatre autres établissements seront déployés, parmi lesquels figurent les Hospices civils de Lyon. À terme, 17 établissements seront reliés. Dans deux ans, nous devrions héberger près de 500 catalogues et réaliser au minimum 500 000 commandes chaque année.

Vous avez parallèlement coordonné la mise en place d’un second portail d’appels d’offres, impliquant une vingtaine d’établissements. Pouvez-vous détailler ce projet et nous préciser son état d’avancement ?

À partir du 1er janvier 2005, nous savions que nous aurions des obligations légales liées à la publication des appels d’offres. Cette solution, déployée dès la fin de l’année 2004 pour 27 établissements, stabilisée en 2005 et aujourd’hui opérationnelle, permet à un fournisseur qui souhaite se porter sur nos marchés d’accéder à un site unique. Celui-ci gère le dépôt et l’enregistrement électronique des offres, la notification des marchés aux fournisseurs. Un module extranet permettra l’année prochaine à différents partenaires publics d’accéder également aux offres. Nous adjoindrons ensuite à cette plate-forme un module d’enchères électroniques.

L’ensemble de ces projets s’inscrit dans une démarche unitaire et une logique de réingéniering de la fonction achats.