La place du dossier pharmaceutique dans le système d’information de santé

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Le dossier pharmaceutique (DP) a été institué pour lutter contre la iatrogénie (notamment le cumul de médicaments prescrits par des médecins différents dans des officines différentes) et les redondances en matière de consommation médicale. Il doit également servir à l’amélioration du conseil officinal. Pour Alain Coulomb, ex-directeur de la Haute Autorité de Santé, si le DMP était une réponse simple au drame de la santé publique que constituait l’automédication, le DP est un sous-ensemble du DMP. Cela n’empêche pas qu’il en demeure indépendant: c’est un projet professionnel articulé.
Le droit des patients exigeant le consentement (depuis la loi du 4 mars 2002 sur les droits des malades), c’est au pharmacien de convaincre le patient, qui peut s’opposer à l’alimentation du dossier par certaines données. Le patient donne son accord sous forme expresse, (feuille signée, case cochée). Selon Alain Coulomb, on ne relève “qu’une quantité très marginale de refus”. Les données sont réservées aux pharmaciens, excluant toute exploitation commerciale, l’Ordre des pharmaciens lui-même n’y ayant pas accès.

Le projet étant en train de se construire, il convient d’abord de convaincre les personnes concernées, pharmaciens et patients. Résultat : le dossier reste circonscrit à quelque chose de très léger. Si l’objectif était d’emblée l’exhaustivité, il n’y aurait jamais de démarrage. Il s’agit par conséquent en premier lieu de correspondre aux besoins des usagers. Selon l’expression imagée d’Alain Coulomb, “il faut éviter de bâtir une cathédrale pour des fidèles absents”.

Isabelle Adenot, du Conseil National de l’Ordre des Pharmaciens, énumère trois leviers de réussite. “Tout d’abord la confiance des acteurs, qui ne se décrète pas (ni celle des patients, ni celle des pharmaciens). Ensuite la facilité d’emploi: l’utilisation du système ne doit pas donner de travail supplémentaire. Enfin la performance, qui est primordiale afin d’éviter que l’informatisation provoque un allongement des files d’attente: le patient serait prêt à une attente supplémentaire à condition qu’elle soit de 3 secondes, et  non de vingt minutes!”