TIC et Santé : pour une vision ambitieuse des systèmes d’informations en santé

TIC et Santé : les dix recommandations au gouvernement
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À l’occasion du 1er Congrès des systèmes d’information en santé, Health Information Technologies, les acteurs du monde de la santé proposent des pistes d’action pour réussir la transformation du système de santé à l’aide des technologies de l’information et de la communication. Ces propositions, exprimées lors de l’inauguration de l’événement, le 22 mai 2007, sont ici reprises dans un texte commun qui vise notamment à mettre en exergue 10 recommandations formulées par ces acteurs à l’usage du nouveau gouvernement.
Dire que des difficultés majeures menacent aujourd’hui notre dispositif sanitaire n’est pas original. Indépendamment de l’équilibre des comptes de l’assurance maladie, il n’est pas certain que l’organisation actuelle de notre système de santé lui permettra de répondre aux besoins légitimes de nos concitoyens. Chaque acteur devra être en mesure d’inscrire son rôle dans de nouvelles méthodes de travail pour faire face à l’augmentation massive de la demande de soins dans un contexte de démographie professionnelle défavorable. La permanence des soins, l’accès aux soins en tout point du territoire sont les conditions nécessaires pour que les intervenants, qu’ils exercent à titre libéral ou en établissements, participent collectivement à un service de santé publique. La satisfaction de ces conditions doit être la base de nos réflexions. Sans être l’unique paramètre, l’intégration des potentialités des Tic (technologies de l’information et de la communication).

À nos réflexions sur l’organisation du dispositif de soins change radicalement les données du problème. Nous avons réellement l’opportunité de faire émerger de nouveaux modèles d’organisation de prise en charge des usagers, modèles qui répondront de manière beaucoup plus satisfaisante qu’aujourd’hui au cahier des charges d’un service public de santé digne de ce nom.

En outre, le secteur sous-exploité des Tic Santé peut se muer, pour autant qu’une véritable politique industrielle soit mise en œuvre, en un pôle national d’activité générateur de création de valeur et d’emplois qualifiés et pérennes. Dans ce contexte, HIT PARIS 2007, premier salon et congrès à visée européenne, organisé à l’initiative de la FHF (Fédération hospitalière de France), avec le GMSIH et PG Promotion, soutenu par les associations de patients réunies au sein du Ciss (Collectif interassociatif sur la santé), par les professionnels de santé en exercice libéral, sans oublier l’appui apporté par les industries spécialisées réunies au sein de la fédération Lesiss, vient à point nommé.

Ensemble, ces acteurs sont déterminés à assurer, non seulement la réussite de cette première édition, mais surtout à atteindre l’objectif assigné: pallier le déficit de perception, tant par les professionnels que par les bénéficiaires de notre système de santé, des potentialités des Tic. Il faut que tous les professionnels soient convaincus que ces potentialités peuvent améliorer l’exercice du métier de chacun.

Ces technologies, cantonnées de longue date dans un ghetto,muselées par un carcan bureaucratique,ne sont naturellement pas une fin, mais l’un des principaux moyens d’apporter des réponses adaptées àun contexte de crise,qui ne se résoudra pas spontanément. Leur mise en œuvresuppose une prise de conscience du retardde la France comparée à ses partenaires européens, décalage régulièrement observé au fil des études publiées par l’institut HINE (Health Information Network Europe) en 2004, et de nouveau en 2006. Retard également observé dans les conclusions d’une récente enquête du GMSIH (Groupement pour la modernisation du système d’information hospitalier).

Une série de bonnes nouvelles ont cependant été annoncées ces derniers mois. D’abord, une augmentation des budgets et pour l’hôpital, un doublement pur et simple des budgets alloués aux systèmes d’information. Ensuite, l’implication d’autres ministères -notamment de l’Industrie- en appui à celui de la Santé, et dont il faudra naturellement pérenniser la synergie. Enfin, la prise de conscience qu’en raison de l’atomisation des intervenants de santé, une mutualisation de ses acteurs relève de l’absolue nécessité, partout où une taille critique sera indispensable pour mener à bien les projets, assortis de financements innovants. À l’évidence, notre pays ne peut plus faire l’économie d’un programme national de déploiement des Tic Santé.

Programme profilé, pour sortir de l’incantation de ces dernières années, autour de trois grands axes : une maîtrise d’ouvrage unifiée, assurant entre autres la cohérence réglementaire; des objectifs clairement assignés, négociés dans la concertation avec l’ensemble des acteurs concernés; des budgets annoncés à l’avance et à la hauteur des enjeux. N’oublions pas que l’un de ces enjeux concerne une éventuelle fracture sanitaire qu’il faut absolument éviter.

Tribune réalisée par Jean-Luc Bernard, président du Ciss (Collectif interassociatif sur la santé), Dr. Jean-Jacques Fraslin, vice-Président de la Fulmedico (Fédération des utilisateurs de logiciels médicaux communicants), Pierre Lesteven, conseiller Stratégie et NTIC à la FHF (Fédération hospitalière de France) et Yannick Motel, délégué général du Lesiss (Les entreprises des systèmes d’information sanitaires et sociaux)