Reims investit dans la haute technologie

LE DR P.A. GOUMOT, radiologue
mars 10, 2017
LE DR BOKOBZA, radiologue
mars 10, 2017

En l’espace de quelques mois le plateau d’imagerie du CHU de Reims vient d’être équipé de deux appareils extrêmement innovants : une IRM 3 Tesla et une salle d’angiographie biplan capteurs plans. Les IRM 3 Tesla sont pour l’instant très peu nombreuses au sein des établissements hospitaliers français. Le CHU de Reims est le cinquième établissement après l’Hôpital du Val de Grâce, les CHU de Besançon, Rennes et Dijon à se doter d’un tel équipement. L’augmentation de puissance du champ magnétique qui passe de 1,5 à 3 Tesla, permet d’obtenir une augmentation du rapport signal/bruit et donc d’améliorer la résolution spatiale et/ou temporelle des images obtenues. Ce gain permet d’améliorer les performances des séquences anatomiques de l’IRM, des séquences angiographiques et des applications avancées comme l’imagerie fonctionnelle du cerveau ou la spectroscopie par exemple, et ouvre des perspectives à l’IRM cardiaque.

La salle d’angiographie biplan est essentiellement dédiée à l’activité de radiologie interventionnelle, principalement la Neuroradiologie Interventionnelle. La Neuroradiologie Interventionnelle, au même titre que la Neurochirurgie est typiquement une activité pour laquelle le CHU est l’établissement de recours pour la Champagne Ardenne. Le traitement des malformations vasculaires cérébrales, en particulier des anévrismes intracrâniens rompus ou non rompus, mais également des malformations artérioveineuses cérébrales, des fistules durales et autres lésions vasculaires, fait de plus en plus appel aux techniques de Neuroradiologie Interventionnelle. Ces techniques nécessitent un repérage extrêmement précis afin d’améliorer les résultats cliniques. A ce titre, un repérage dans deux plans de l’espace est de plus en plus nécessaire.

La principale caractéristique de l’appareil SIEMENS installé au CHU de Reims est de disposer de capteurs-plans, donc d’une chaîne d’imagerie entièrement numérique. Ceci permet grâce à des logiciels informatiques, d’obtenir en salle d’angiographie, des images scannographiques de contrôle per-opératoire extrêmement utiles en particulier en cas de complications et également des images de scopie 3D permettant le traitement extrêmement fin de lésions qui sont fréquemment de petite taille (quelques millimètres). Cette amélioration du repérage per-opératoire, permet d’envisager une amélioration de la qualité des résultats des interventions de Neuroradiologie Interventionnelle, ainsi que la possibilité d’élargir le champ des indications de la Neuroradiologie Interventionnelle.

L’installation sur un même site hospitalier d’une IRM 3 Tesla et d’un Biplan capteurs plans représente une première européenne. Le CHU de Reims s’efforce de se doter d’un plateau technique d’imagerie de haut niveau. « Cette politique se poursuivra dans les prochaines années par le renouvellement de l’IRM 1.5 Tesla et des scanners. D’importants efforts financiers seront consentis précisent Christiane Coudrier, Directeur Général et le Professeur Laurent Pierot, de la Fédération d’imagerie. Mais cela ne suffit pas, le développement de ces techniques dépend aussi de deux autres paramètres : la valorisation de l’activité de radiologie dans le cadre de la T2A et la démographie du personnel médical et paramédical en radiologie.»