L’apnée du sommeil : les défis de l’avenir

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Selon de récentes enquêtes, l’apnée du sommeil est très répandue. On estime que plus de 10 personnes dans le monde sont touchées par les dangereux arrêts respiratoires la nuit, les hommes légèrement plus que les femmes et la tendance est à la hausse. Pour l’avenir, cette évolution signifie qu’il faudra trouver de nouvelles stratégies et approches afin d’identifier les patients à haut risque à un stade précoce et de pouvoir les traiter à l’aide d’approches thérapeutiques personnalisées.

De plus en plus de personnes touchées par l’apnée du sommeil

Les preuves que l’apnée du sommeil n’est pas aussi rare qu’on le pensait auparavant augmentent considérablement. Certaines études ont montré que jusqu’à 20 % de la population normale, principalement des hommes, sont touchés, mais sans aucune conséquence sur la santé. Les experts doutent donc de plus en plus que les définitions standards actuelles de l’apnée du sommeil et de sa valeur thérapeutique constituent une base fiable pour lutter contre la maladie. Le risque d’apnée du sommeil est augmenté de façon mesurable chez les patients présentant certaines comorbidités, telles que l’obésité, le diabète, la dépression ou l’hypertension. L’âge, le sexe, l’IMC et les antécédents médicaux du patient sont également de meilleurs indicateurs du risque d’apnée que les paramètres classiques du ronflement et de la fatigue.

Comorbidités et risque d’apnée

Dans l’ensemble, l’apnée obstructive du sommeil AOS est considérée comme un facteur de risque de comorbidité. Cependant, ce n’est que dans les cas graves qu’il constitue un facteur de risque indépendant de mortalité. Il existe également une corrélation particulièrement forte entre l’AOS et l’hypertension résistante aux médicaments et les maladies cardiovasculaires. Dans des études, par exemple, le risque d’accident vasculaire cérébral était 1,8 fois plus élevé en cas d’hypoxie nocturne grave induite par le SAOS. Il est intéressant de noter que des niveaux plus élevés d’AOS semblent également être associés à un risque plus élevé de cancer, probablement une conséquence du risque généralement accru de comorbidité.

La thérapie du futur

Les études actuelles, telles que les études SAVE ou RICADDSA, mettent de plus en plus en doute les méthodes de traitement considérées comme éprouvées à ce jour. Selon ces études, la CPAP, par exemple, n’est pas efficace dans la prévention secondaire des maladies cardiovasculaires. D’un autre côté, cependant, les déclarations des deux études sont également considérées comme limitées dans les milieux professionnels en raison de lacunes méthodologiques. Cependant, les approches de traitement alternatives à la CPAP, en particulier dans des populations d’étude soigneusement sélectionnées montrent des résultats très prometteurs et pourraient en fait élargir le spectre thérapeutique de l’apnée obstructive du sommeil à l’avenir. Une approche combinée de la CPAP et de la réduction ciblée du poids est particulièrement prometteuse, et en fait très facile à mettre en œuvre dans la vie de tous les jours. Dans une étude portant sur 181 patients souffrant d’AOS grave, un traitement combiné de CPAP et de perte de poids a réduit à la fois les niveaux de lipides sanguins et l’inflammation chronique, améliorant ainsi de manière significative le risque de comorbidité.

Conclusion

L’apnée obstructive du sommeil est plus répandue qu’on ne le pense souvent, mais sans être vraiment symptomatique dans tous les cas. Les ronflements et la fatigue des prédicteurs doivent-ils donc être remplacés par des paramètres plus adaptés à l’avenir ? Les données des études actuelles suggèrent que c’est le cas. À l’avenir, une approche personnalisée sera également appliquée dans la gestion des OSA. Outre les caractéristiques individuelles de la maladie d’un patient, il s’agira également de tenir compte des comorbidités du patient et de réduire les risques pour la santé du patient, par exemple par des mesures d’accompagnement appropriées telles que la réduction du poids. En outre, le télémonitorage pourrait à l’avenir accroître l’adhésion des patients à la thérapie et, dans le même temps, renforcer encore le lien entre le patient et le médecin thérapeute. Les premiers essais dans ce domaine ont jusqu’à présent été couronnés de succès.