Les liens entre obésité et cancers

Le sauna modéré est-il recommandé pour les patients souffrant d’hypertension artérielle ?
août 28, 2020
Télémédecine : les futurs systèmes de surveillance fœtale.
août 28, 2020

Les diététistes et les responsables de la santé publique le disent et le répètent depuis plusieurs années : il y a de plus en plus de personnes qui souffrent d’embonpoint et d’obésité dans les sociétés occidentalisées. Ce qu’on entend moins souvent cependant, c’est que ce surplus de poids pourrait entraîner une nouvelle vague de cancers. En effet, après la cigarette, l’obésité est considérée comme le facteur de risque le plus important pour le cancer. Découvrez quel est le lien entre l’obésité et le cancer ?

Le lien entre l’obésité et le cancer

Une étude britannique a révélé qu’au total, 38 de ces néoplasmes étaient dus à des facteurs de risque modifiables, rien qu’au Royaume-Uni, cela correspond à 2 500 cas de cancer par semaine ou 135 500 cas par an qui pourraient être évités. Parmi tous les facteurs de risque évitables pour les maladies chroniques, la mauvaise alimentation et le surpoids sont les plus importants. Un poids corporel excessif favorise non seulement l’apparition de nombreuses entités tumorales, mais a également un effet sur la progression et l’évolution de la tumeur. Aujourd’hui, l’accent ne doit pas être mis sur ce que contient la nourriture qui nous rend malades, même si c’est un sujet passionnant en soi. L’aperçu suivant vise à donner une idée de la manière dont le fardeau du cancer pourrait changer dans le monde si seulement plus de personnes avaient un poids normal. De bonnes preuves de l’effet protecteur contre le cancer de la surcharge pondérale. À la demande du CIRC : centre international de recherche sur le cancer, une agence de l’OMS, un groupe de 21 experts internationaux indépendants a compilé une revue systématique de plus de 1000 études sur la relation entre l’obésité et le cancer. Cela a confirmé les résultats d’une évaluation antérieure du CIRC, mais a également montré que l’influence d’un poids corporel élevé sur le développement du cancer va plus loin qu’on ne le pensait. Il existe donc des preuves suffisantes que l’absence d’excès de graisse corporelle réduit le risque de néoplasie ultérieure.

Combien de cas de cancer sont imputables à l’obésité ?

Selon les estimations actuelles, l’obésité représente 9,5 % de la charge du cancer chez les femmes aux États-Unis : 3,5 % chez les hommes, et respectivement 8,2 % et 4,4 % en Europe. Un chiffre absolu est peut-être plus illustratif dans ce cas : plus de 100 000 nouveaux cas de cancer ont été associés à un IMC élevé, rien qu’aux États-Unis. Pour ceux qui préfèrent l’interactivité, il est recommandé de visiter le site web suivant, où des analyses et des graphiques intéressants sur le fardeau du cancer causé par l’obésité peuvent être consultés. Vous avez la possibilité de visualiser des informations spécifiques à certaines entités tumorales ou à certains pays.

Comment ce lien est-il biologiquement justifié ?

Certains mécanismes cellulaires et moléculaires qui sont perturbés ou altérés dans la cancérogenèse montrent des relations de cause à effet avec les changements dans l’obésité. L’obésité entraîne une inflammation chronique et d’importants changements métaboliques et hormonaux, notamment dans le métabolisme des hormones sexuelles et les voies de signalisation associées à l’insuline, au facteur de croissance analogue à l’insuline : IGF et aux adipokines. Inversement, il existe des preuves encourageantes que la perte de poids a un effet positif sur ces processus. L’effet bénéfique est entre autres médiatisé par la régulation de l’équilibre entre la prolifération cellulaire et l’apoptose, qui sont connues pour être des facteurs déterminants dans le développement du cancer.

La malnutrition et le surpoids comme problème social

Selon la définition de l’OMS, la surcharge pondérale est présente avec un IMC ≥ de 25 kg/m2, l’obésité avec un IMC ≥ de 30 kg/m2.7. La prévalence mondiale de l’obésité a été multipliée par six environ et est estimée à 31 %, hommes 11 %, femmes 15 % et enfants 5 %. Dans le monde, il y a plus de personnes en surpoids qu’en sous-poids, 640 millions d’adultes et 110 millions d’enfants dans le monde étaient obèses. Le surpoids et l’obésité étaient responsables d’environ 4,5 millions de décès dans le monde. L’épidémie d’obésité ne fera qu’empirer tant que rien ne sera fait, la prise de poids et l’obésité sont en grande partie dues à des facteurs de risque modifiables, principalement un apport énergétique excessif, aliments et boissons et l’inactivité physique. Les solutions pour améliorer la nutrition et l’exercice physique doivent être trouvées au niveau individuel et sociétal. Il faut faire davantage du côté politique pour que les gens puissent plus facilement décider d’un mode de vie sain. Ce type de prévention serait la mesure la plus rentable dans la lutte contre le cancer. Mais un autre élément important est le “comment” qui se cache derrière le régime alimentaire. Un poids normal seul ne protège pas nécessairement contre le développement de néoplasies ou d’autres maladies chroniques si un profil nutritionnel malsain est choisi. Des modifications appropriées du régime alimentaire et du mode de vie, éventuellement avec l’aide de spécialistes, pourraient réduire l’incidence et la progression des tumeurs associées à l’obésité et favoriser la convalescence des patients atteints de cancer.