Liste des choses essentielles à savoir sur l’apnée du sommeil

Si le syndrome d’apnée du sommeil se produit comme décrit en raison de l’obstruction des voies respiratoires, il est appelé apnée obstructive du sommeil (AOS). Dans le rare cas de l’apnée centrale du sommeil, la cause du trouble respiratoire se situe dans le système nerveux central. Malgré des voies respiratoires ouvertes, la respiration n’est pas suffisamment contrôlée, par exemple, génétiquement causée par des dommages neurologiques.

Lors du ronflement, la langue retombe en raison des muscles de la bouche et de la gorge qui sont relâchés pendant le sommeil et qui ferment le palais arrière et donc les voies respiratoires supérieures. L’effort pour respirer à travers les voies respiratoires rétrécies conduit aux sons nocturnes typiques qui font fuir certains partenaires. Mais les conséquences peuvent être plus graves. Lors du ronflement, moins de substances émettrices sont libérées, nécessaires à l’entraînement respiratoire. En conséquence, la respiration s’arrête – jusqu’à deux minutes et jusqu’à 400 fois par nuit.

Ce n’est que lorsque la concentration de dioxyde de carbone dans le sang augmente que le cerveau intensifie ses ondes cérébrales, stimulant ainsi le centre respiratoire à reprendre son activité. Il en résulte une réaction d’excitation endogène (excitation), qui se manifeste souvent par un souffle particulièrement fort, mais dont la personne concernée ne se souvient généralement pas. La signification du mot “apnée du sommeil” remonte également aux arrêts respiratoires : “apnée” vient du grec et signifie “calme”.

Comment l’apnée du sommeil peut-elle être diagnostiquée?

Si vous ou votre partenaire pensez que vous souffrez d’apnée du sommeil, parlez-en d’abord à votre médecin généraliste, qui pourra vous adresser à un oto-rhino-laryngologiste ou à un pneumologue.

Tout d’abord, un pré-diagnostic ambulatoire peut avoir lieu. À cette fin, vous recevrez un petit appareil de mesure portable, que vous fixerez sur votre corps en plusieurs points de mesure avant d’aller vous coucher, conformément aux instructions. L’appareil enregistre, par exemple, le pouls et les bruits de ronflement. Si les valeurs mesurées confirment la suspicion d’apnée du sommeil, le diagnostic définitif est établi dans un centre de médecine du sommeil (“laboratoire du sommeil”).

1ère étape : la consultation médicale

Le médecin interroge le patient sur la qualité de son sommeil et peut lui proposer de tenir un agenda du sommeil. Ce document permet de noter ses heures de coucher, de lever, de perturbations nocturnes et diurnes. Le médecin interroge et recherche des facteurs de risque cardiovasculaire. Il examine également l’importance de la somnolence diurne, grâce à différentes échelles d’appréciation. Il peut enfin pratiquer un examen otorhinolaryngologique.

2ème étape : le bilan du sommeil

Lorsque le médecin suspecte l’existence d’apnées du sommeil, il oriente son patient vers un spécialiste du sommeil. Ce dernier procède à des examens complémentaires et à un bilan du sommeil. Pratiqué en général dans un centre spécialisé dans l’étude du sommeil (ou à domicile dans certains cas), ce bilan consiste à examiner et à enregistrer différentes données et paramètres pendant le sommeil : électrocardiogramme, mouvements respiratoires, activité cérébrale, activité musculaire, mouvements oculaires. Ces examens (polygraphie ventilatoire nocturne et polysomnographie) permettent d’identifier les phases du sommeil et l’apparition d’éventuels troubles. Une fois le diagnostic posé, le traitement de l’apnée du sommeil peut être envisagé.

Les symptômes de l’apnée du sommeil

Les symptômes les plus courants sont le ronflement, des épisodes visibles d’interruption de la respiration et un sommeil excessif pendant la journée. Le ronflement peut être excessivement fort et perturber le sommeil des autres. Les porteurs de symptômes plus graves se réveillent généralement avec une sensation d’étouffement, un reflux œsophagien, une bouche sèche, un spasme du larynx et une envie d’uriner.

La fragmentation de l’architecture du sommeil entraîne une fatigue, une difficulté à rester éveillé pendant des activités sédentaires telles que des conversations téléphoniques ou la conduite d’une voiture, une irritabilité, une dépression, une diminution de la libido, une impuissance sexuelle et des maux de tête le matin (une des manifestations les plus fréquentes du syndrome).

Tout phénomène entraînant un rétrécissement ou une occlusion du passage de l’air dans les voies aériennes supérieures peut provoquer des apnées hypopnées du sommeil : obésité, croissance des amygdales, malformations de la mâchoire ou du pharynx, hypertrophie de la langue (comme dans le cas du syndrome de Down), tumeurs, hypotonie des muscles pharyngés ou manque de coordination des muscles respiratoires.

 

Apnée du sommeil : quels sont les risques ?

Les arrêts respiratoires durent jusqu’à deux minutes et sont assez stressants pour le corps. Environ la moitié des personnes souffrant d’apnée du sommeil sont atteintes d’hypertension artérielle ; elles ont donc un risque nettement plus élevé de crise cardiaque et d’accident vasculaire cérébral. Les victimes d’accidents cérébrovasculaires de longue durée trouvent un trouble respiratoire lié au sommeil, comme l’apnée du sommeil. L’apnée du sommeil est donc une maladie potentiellement mortelle.

Si ces nombreuses pauses respiratoires nocturnes ont pour effet de diminuer la qualité du sommeil (notamment à cause des micro-réveils qu’elles provoquent), elles limitent également la bonne oxygénation du sang et du cerveau (hypoxie). Le cœur doit donc travailler plus : il s’essouffle et se fatigue plus vite. Sur le long terme, la maladie peut ainsi être à l’origine de graves complications de santé, notamment au niveau du système cardio-vasculaire. L’apnée du sommeil augmente le risque de développer :

  • une hypertension artérielle (la pression artérielle s’élève à chaque réveil brutal et forcé pour se réoxygéner) ;
  • des troubles du rythme cardiaque (fibrillation auriculaire, arythmie ventriculaire…) ;
  • une insuffisance cardiaque ;
  • une insuffisance coronaire avec un risque d’infarctus ;
  • un accident vasculaire cérébral (AVC).

Empêchant l’organisme de profiter d’un sommeil réparateur, les apnées du sommeil peuvent également augmenter le risque d’accidents (accidents de la circulation et accidents du travail) ou encore le risque de dépression.

 

Quel traitement contre l’apnée du sommeil ?

Est-ce que l’apnée du sommeil peut disparaître ? Il n’existe pas de médicament pour traiter et supprimer l’apnée du sommeil. Certains traitements permettent en revanche de les réduire ou de les supprimer en ciblant leur cause. Le traitement du syndrome passe par plusieurs étapes. En général, il convient de commencer par éliminer les facteurs pouvant aggraver les apnées du sommeil, comme la prise de certains médicaments (notamment les somnifères et les tranquillisants) et la consommation d’alcool. Ces substances ont en effet tendance à aggraver les ronflements et les apnées pendant la nuit. Les éventuelles allergies doivent également être traitées.

Si les ronflements et les apnées ne surviennent que lorsque le patient dort sur le dos, il peut tout simplement utiliser un dispositif pour l’empêcher de dormir sur le dos (pour dormir plutôt sur le côté). D’autre part, le surpoids est souvent lié à l’apparition des apnées du sommeil : perdre du poids permet ainsi de lutter facilement contre le développement et l’aggravation de cette maladie.

Un appareil dentaire amovible (également appelé orthèse d’avancée mandibulaire) peut également être porté pendant la nuit. Il permet de modifier la position de la mâchoire inférieure, pour éliminer les ronflements et les apnées. La gouttière maintient la mâchoire inférieure et la langue légèrement vers l’avant, pour faciliter le passage de l’air. Le port de cet appareil convient aux patients ne souffrant que de légères apnées, ou à ceux qui ne supportent pas le masque nasal.

Un traitement chirurgical peut enfin être envisagé. L’intervention se fait sur les tissus mous de la gorge (voile du palais, luette, amygdales, végétations). Elle permet surtout d’éliminer les ronflements.

Apnée : zoom sur le traitement par masque

Lorsque les symptômes de l’apnée du sommeil s’aggravent ou deviennent trop gênants au quotidien, le traitement peut consister à utiliser quotidiennement un dispositif de PPC (pression positive continue). L’appareil souffle de l’air sous pression via un masque nasal, pendant toute la nuit : cela permet aux voies aériennes de rester ouvertes en permanence, et de supprimer les apnées.

De très bons résultats peuvent être obtenus avec des appareils de thérapie respiratoire, même s’il faut un peu de temps pour s’y habituer.

On utilise surtout des “appareils de surpression nasale”, dans lesquels de l’air riche en oxygène est transporté dans les voies respiratoires par surpression via un masque respiratoire (relié à l’appareil thérapeutique) pendant le sommeil. Les voies respiratoires sont ainsi “éclissées” de l’intérieur, c’est-à-dire qu’elles ne s’affaissent pas du fait de la flaccidité des muscles, mais restent ouvertes. Ces masques sont appelés thérapie nCPAP ou thérapie CPAP nasale (CPAP : Continuous Positive Airway Pressure).

La pression appliquée par le masque de sommeil est déterminée individuellement pour chaque patient. L’appareil est prescrit par le médecin.

Il n’existe pas de remède à l’apnée du sommeil. Mais lorsqu’il est suivi correctement, le traitement CPAP est considéré comme efficace à 100 % pour traiter les symptômes et atténuer, voire éliminer les maladies chroniques associées à l’apnée du sommeil. Une fois le traitement commencé, vous devriez vous sentir beaucoup mieux et retrouver votre énergie rapidement. Vous en tirerez une meilleure qualité de vie et des bienfaits à long terme susceptibles d’atténuer les désagréments liés à :

  • L’hypertension artérielle
  • Le diabète de type
  • Le syndrome métabolique
  • La dépression et les maux de tête
  • Les accidents de la route
  • Le manque d’attention et de vigilance.

 

L’apnée du sommeil chez les femmes : quelles particularités ?

Cela peut sembler être une maladie simple à diagnostiquer. Cependant, ce n’est pas toujours le cas, du moins en ce qui concerne les femmes. L’apnée du sommeil chez les femmes, et les symptômes qui l’accompagnent, sont très différents de ceux des hommes, c’est pourquoi son diagnostic est plus difficile. Voyons comment ce trouble du sommeil et de la respiration se manifeste chez les femmes.

Cependant, bien que les problèmes respiratoires nocturnes soient plus subtils chez les femmes, les effets de l’apnée ont tendance à être plus intenses :

  • Les femmes peuvent ressentir une grande fatigue et un manque d’énergie
  • Elles peuvent souffrir de problèmes de concentration, de perte de mémoire,
  • Il est fréquent qu’elles expérimentent des migraines, des maux de tête récurrents, des étourdissements,
  • Elles souffrent de palpitations, de tachycardie, d’une sensation d’étouffement
  • Le syndrome des jambes sans repos peut apparaître

D’autre part, l’apnée chez les femmes est associée aux troubles de l’humeur. Ces problèmes de sommeil et de respiration peuvent souvent mener à l’anxiété et à la dépression. Ainsi, lorsqu’une femme se rend chez le médecin, il est courant que le traitement qu’elle reçoit soit orienté vers ces dimensions, mais pas vers leur déclencheur : l’apnée du sommeil.

Des facteurs de risque typiquement féminins ?

De nombreux facteurs peuvent influencer l’apparition de l’apnée du sommeil chez les femmes. En moyenne, ils sont généralement les suivants :

  • Obésité et syndrome métabolique (excès de poids, insulinorésistance, sédentarité)
  • Hypertension artérielle
  • Les femmes enceintes sont également à risque d’apnée du sommeil. La croissance de l’utérus provoque l’élévation du diaphragme, ce qui modifie légèrement la mécanique pulmonaire
  • Entre 55 et 70 ans, il est très fréquent que ce problème apparaisse, coïncidant avec la post-ménopause

De même, le syndrome des ovaires polykystiques est souvent associé à l’apnée du sommeil.

Risque d’AVC chez les femmes

Ces dernières années, le nombre d’études sur l’apnée du sommeil chez les femmes a augmenté, ce qui est certainement positif. Tout d’abord, parce qu’ainsi, les médecins prennent conscience de cette réalité et en tiennent compte lorsqu’une femme présente de l’épuisement, des sautes d’humeur soudaines et des maux de tête. La prise en compte de l’apnée du sommeil comme cause possible expliquant l’apparition de ces trois symptômes est particulièrement importante.

En outre, les conséquences possibles de ce trouble du sommeil s’il n’est pas traité sont de plus en plus évidentes. Par exemple, différentes études ont montré la relation entre l’apnée du sommeil et l’incidence des accidents vasculaires cérébraux chez les jeunes femmes.

Il est donc primordial de consulter un pneumologue spécialisé dans les troubles du sommeil pour effectuer une série de tests diagnostiques et vérifier la présence de cette pathologie. En même temps, il faut souligner que les traitements avec des masques à pression positive continue (CPAP) sont particulièrement efficaces ; en effet, en plus d’améliorer la qualité de vie, ils réduisent également le risque de souffrir d’un accident vasculaire cérébral ou de problèmes cardiovasculaires.