Infirmière en EHPAD échangeant avec une résidente âgée dans un couloir lumineux
Publié le 8 février 2026

Votre mère oublie ses médicaments. Votre père a chuté deux fois ce mois-ci. Vous travaillez à temps plein et l’angoisse vous ronge. Comment savoir si le personnel d’un EHPAD surveillera vraiment son état de santé au quotidien ? Les familles que j’accompagne me posent cette question à chaque visite d’établissement. La réponse tient en trois mots : observation, transmission, réaction. Mais la réalité du terrain, je vais vous la montrer heure par heure.

Information importante

Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. Consultez un professionnel de santé qualifié pour toute décision concernant la santé de votre proche.

Le suivi médical en EHPAD en 30 secondes

  • Trois professionnels clés : aide-soignant (observation quotidienne), infirmier (soins et constantes), médecin coordonnateur (supervision médicale)
  • Surveillance continue de 7h à 21h avec transmissions écrites à chaque relève d’équipe
  • Le ratio moyen actuel : environ 3,7 soignants pour 10 résidents
  • 65 % des EHPAD utilisent désormais la télémédecine pour compléter le suivi

Qui surveille vraiment votre proche au quotidien ?

Quand Martine m’a appelé l’an dernier, elle était perdue. Son père venait d’entrer en EHPAD et personne ne lui avait expliqué qui faisait quoi. Je lui ai dessiné un schéma sur une serviette en papier. Trois cercles. Trois métiers. Trois niveaux de surveillance.

L’aide-soignant : premier observateur du quotidien des résidents



L’aide-soignant voit votre proche en premier chaque matin. Toilette, habillage, petit-déjeuner. Ces gestes du quotidien révèlent énormément. Une grimace inhabituelle, un refus de manger, une confusion passagère. L’aide-soignant note tout dans sa tête avant de transmettre à l’équipe. Franchement, c’est souvent lui qui détecte les premiers signaux.

L’infirmier prend le relais sur le volet médical. Distribution des traitements, prise des constantes vitales, pansements, injections. C’est lui qui alerte le médecin si quelque chose cloche. Selon le décret n° 2025-897 du 4 septembre 2025, un infirmier coordonnateur organise désormais officiellement les soins dans chaque établissement.

Le médecin coordonnateur : un rôle souvent méconnu

Il n’est pas présent 24h/24. Son rôle : superviser les protocoles de soins, coordonner les interventions des médecins traitants, rédiger le projet de soins de chaque résident. Depuis 2025, il peut même assurer le suivi médical des résidents qui le souhaitent. C’est lui que vous devez demander à rencontrer lors de votre visite.

Les familles que j’accompagne en Seine-et-Marne oublient souvent de poser une question essentielle lors des visites : quel est le ratio personnel soignant par résident ? Ce détail révèle beaucoup sur la capacité de l’équipe à assurer un suivi réactif. Selon un rapport sénatorial sur la situation des EHPAD, le taux d’encadrement soignant tourne autour de 3,7 équivalents temps plein pour 10 résidents. C’est mieux qu’avant. Mais ça reste tendu.

Mon avis tranché : ne vous fiez pas aux plaquettes. Demandez le ratio réel le jour de la visite. S’ils ne savent pas vous répondre, c’est mauvais signe.

Une journée de surveillance : ce qui se passe vraiment

Les transmissions entre équipes : garantie de continuité du suivi



Dans les établissements que j’ai visités, le suivi se déroule comme un ballet bien rodé. Chaque geste compte. Je vous montre ce qui se passe vraiment, heure par heure.


  • Toilette avec observation de l’état général par l’aide-soignant

  • Distribution des médicaments et prise des constantes par l’infirmier

  • Transmissions orales et écrites entre équipes du matin

  • Observation du repas : appétit, déglutition, comportement

  • Visite du médecin coordonnateur si nécessaire

  • Transmissions à l’équipe de nuit

  • Premier tour de surveillance nocturne

Ces transmissions entre équipes sont le nerf de la guerre. Sans elles, les informations se perdent. Sur le terrain, je constate que les établissements qui utilisent un cahier de liaison numérique consultable par les familles offrent une transparence rare. Attention toutefois : les informations partagées respectent le cadre strict du secret professionnel en EHPAD.

Le parcours de Mme Renaud : trouver un EHPAD avec un bon suivi glycémique

J’ai accompagné Mme Renaud l’année dernière. Son cas m’a marqué. Sa mère diabétique devait entrer en EHPAD à Meaux. Premier établissement visité : réponses floues sur le protocole de suivi glycémique. Qui mesure la glycémie ? À quelle fréquence ? Comment sont gérées les hypoglycémies nocturnes ? Personne ne savait répondre clairement.

Deuxième établissement : l’infirmière coordinatrice a sorti le protocole diabète en trois minutes. Mesure matin et soir, alerte automatique au médecin traitant si dépassement des seuils, cahier de liaison consultable à distance. Mme Renaud a signé la semaine suivante.

La leçon ? Posez des questions précises sur la pathologie de votre proche. Les réponses vagues doivent vous alerter.

Comment l’équipe détecte et réagit aux alertes

Soyons clairs : la surveillance ne sert à rien sans réaction rapide. Les familles me demandent souvent comment elles peuvent vérifier que l’établissement réagit correctement. Voici ce que je leur réponds.

La prise régulière des constantes permet de détecter les alertes précoces



Les signaux surveillés en priorité : chute de tension, fièvre, perte d’appétit brutale, confusion inhabituelle, chute. Chaque établissement définit des protocoles d’alerte dans le projet de soins individualisé. Selon les recommandations de la HAS sur la qualité de vie en EHPAD, ce projet doit être réévalué régulièrement selon l’évolution de l’état de santé.

Signaux d’alerte côté famille : ce qui doit vous inquiéter

Votre proche porte les mêmes vêtements à chaque visite. Il semble plus confus qu’avant sans que personne ne vous ait prévenu. Ses médicaments ont changé et vous l’apprenez par hasard. Ces détails révèlent un problème de transmission. N’hésitez pas à demander un rendez-vous avec l’infirmier coordonnateur.

La bonne nouvelle : la télémédecine change la donne. Selon un bilan publié en mars 2025, 65 % des EHPAD utilisent désormais régulièrement la télémédecine. Contre seulement 17 % en 2019. Cela permet des consultations spécialisées rapides sans déplacer le résident.

Si vous recherchez un établissement dans votre secteur, comme un EHPAD à Meaux, demandez systématiquement si la télémédecine est proposée. C’est devenu un critère de qualité.

7 questions à poser lors de votre prochaine visite



  • Quel est le ratio soignants/résidents dans cet établissement ?


  • Comment sont organisées les transmissions entre équipes ?


  • Puis-je consulter le projet de soins individualisé de mon proche ?


  • Comment serai-je informé en cas de dégradation de son état ?


  • Proposez-vous un accès à la télémédecine ?


  • Quelle est la fréquence des visites du médecin coordonnateur ?


  • Mon parent peut-il conserver son médecin traitant habituel ?

Vos questions sur le suivi médical en EHPAD

En accompagnement des familles, certaines questions reviennent systématiquement. Je les ai regroupées ici avec des réponses concrètes.

Un médecin est-il présent en permanence dans l’EHPAD ?

Non, le médecin coordonnateur n’est pas présent 24h/24. Il intervient selon un temps de présence défini par convention (souvent quelques demi-journées par semaine). En revanche, un infirmier est généralement présent en journée et une astreinte soignante assure la continuité la nuit.

Comment suis-je informé si l’état de santé de mon proche se dégrade ?

L’établissement doit vous contacter selon le protocole défini à l’admission. Demandez dès le départ qui appelle (infirmier, directeur), dans quels délais, et pour quels types d’événements. Certains EHPAD proposent un cahier de liaison numérique consultable à distance.

Mon parent peut-il garder son médecin traitant en EHPAD ?

Oui, le résident conserve le libre choix de son médecin traitant. Celui-ci peut intervenir en établissement. Toutefois, si le médecin traitant ne peut pas se déplacer, le médecin coordonnateur peut assurer le suivi médical depuis le décret de septembre 2025.

Qui décide des changements de traitement ?

Le médecin traitant ou le médecin coordonnateur prescrit les traitements. Toute modification importante doit être signalée à la famille si le résident l’a souhaité. En cas de doute, demandez à consulter l’historique des prescriptions.

Existe-t-il une surveillance la nuit ?

Oui, une présence soignante est assurée la nuit dans les EHPAD. Le personnel effectue des rondes régulières. En cas d’urgence, le protocole prévoit l’appel au 15 (SAMU) et l’intervention d’un médecin d’astreinte si nécessaire.

La prochaine étape pour vous

Vous connaissez maintenant les rouages du suivi médical en établissement. Avant votre prochaine visite, imprimez la liste des 7 questions. Observez les réactions de l’équipe face à vos demandes précises. Un établissement qui répond clairement inspire confiance. Un établissement qui botte en touche mérite votre vigilance.

Précisions sur le suivi médical en établissement

Les pratiques de surveillance peuvent varier selon les établissements et leurs moyens humains. Chaque résident bénéficie d’un projet de soins individualisé adapté à son état de santé. Pour toute question spécifique, adressez-vous au médecin coordonnateur de l’établissement ou au médecin traitant du résident.

Rédigé par Mathieu Garnier, conseiller spécialisé dans l'accompagnement des familles en recherche d'hébergement pour personnes âgées depuis 2018. Basé en Seine-et-Marne, il a accompagné plus de 200 familles dans leurs démarches de placement en EHPAD et résidences seniors. Son expertise porte sur l'évaluation des établissements, la compréhension des protocoles de soins et l'aide au montage des dossiers d'admission.