Mieux connaître les tiques et la maladie de Lyme à travers ces 5 points essentiels

Les promeneurs et autres amoureux de nature peuvent parfois revenir de leur balade avec une morsure de tique, un animal pouvant transmettre des maladies sérieuses. Que faire dans ce cas ? Comment réagir ? Voici la marche à suivre. Une morsure de tique n’est jamais anodine. Chez l’homme, elle est associée à plusieurs maladies sérieuses comme la méningo-encéphalite à tiques (MET) et la maladie de Lyme.

Environnement et développement des tiques

Même s’il faut toujours se méfier des tiques, il est tout d’abord intéressant de savoir quand ils se développent et quelles sont leurs régions de prédilection. Les tiques peuvent se développer dans de nombreuses conditions climatiques, ayant tout de même un petit coup de coeur pour les zones en altitude et une grosse réticence pour les zones arides. Si vous n’habitez pas en plein désert, vous avez de grandes chances d’avoir des tiques dans votre jardin. Deuxième question, à quelle période de l’année ?

Les modifications climatiques accélèrent la pullulation des tiques, donc la mi-saison, ils adorent. Ensuite, les tiques sont loin d’être bêtes. Et bien oui, si l’humain élimine ses prédateurs, ils se développent d’autant plus. C’est-à-dire que les contaminations de l’environnement par des insecticides mais également l’augmentation des cultures humaines, notamment en lisière accélère la pullulation de tiques. La tique vit aux dépens d’un hôte donc les zones, où de susceptibles hôtes tels que les sangliers ou les rongeurs sont suralimentés, les tiques se développent plus vite.

Comment attrape-t-on une tique ?

L’infection par une tique peut-être très rapide et se fait notamment dans les zones boisées et humides. Les bois, forêts ou champs de hautes herbes sont des endroits particulièrement propices pour attraper une tique. Pour cela, lorsque vous partez en balade l’été, évitez les shorts courts et les sandales ouvertes. Préférer des pantalons qui recouvrent toutes vos jambes et des chaussures fermées. En effet, les tiques peuvent s’agripper très vite à votre peau, se balader sur votre corps puis vous mordre sans que vous vous en rendiez forcément compte.

Alors, en rentrant de folles courses au milieu des champs l’été, le passage sous la douche est obligé et suivi d’un léger examen. Pensez à bien regarder les différentes parties de votre corps, dans les pliures et même celles que vous ne pouvez pas forcément voir facilement. La tique est très petite au début avant de se nourrir de votre sang, elle peut alors passer au premier coup d’œil pour un petit bouton, une saleté ou quelque chose de sans intérêt. Prudence, car la tique peut se révéler dangereuse.

Cinq choses à faire en cas de morsure de tique

    1. Bien inspecter sa peau

Après une balade en pleine nature, pensez à vous inspecter de la tête aux pieds, y compris le cuir chevelu, car les tiques passent souvent inaperçues. En mordant leur hôte, elles injectent un produit anesthésiant qui rend la morsure indolore ! Alors si de retour chez vous, vous décelez une petite rougeur avec une pointe noire au milieu, pas de doutes : il s’agit d’une tique. Ce petit acarien aime se loger dans les zones humides et protégées du corps telles que les aisselles, l’aine ou les plis des genoux. Grâce à son rostre – un dard qui harponne la peau, la tique se fixe sur le corps et se nourrit de sang pendant plusieurs jours avant de s’en décrocher. Et l’animal est coriace, puisqu’il sécrète une sorte de colle qui l’aide à s’agripper sur la peau. Pour cette raison, il ne faut pas chercher à l’enlever en tirant dessus car cela risquerait d’arracher son corps, et non sa tête enfouie sous la peau.

    1. Retirer la tique

Plus une tique infectée reste fixée longtemps sur la peau, plus le risque de transmission de la bactérie augmente. En effet, c’est à la fin de leur repas sanguin, au moins 24 heures après la morsure, lorsqu’elles sont gorgées de sang, que les tiques inoculent le parasite. Il est donc recommandé de les retirer le plus rapidement possible, idéalement à l’aide d’une tire tique (en vente en pharmacie). Pour cela, il suffit de glisser le crochet sous la tique, au plus près de la peau, puis de tourner lentement dans le même sens sans tirer, jusqu’à ce que la tique se décroche.

Si vous n’avez pas de tire tique, il est toujours possible d’utiliser une pince à épiler. Dans ce cas, saisissez-la tique à la base et tirez vers le haut, sans tourner. Cependant il ne faut pas utiliser d’éther car cela anesthésierait la tique qui, une fois endormie, risquerait de régurgiter son contenu, augmentant alors le risque d’infection. De même, il est préférable d’éviter de l’enlever avec les ongles car cela peut compresser l’abdomen de l’animal, qui peut alors réinjecter le sang potentiellement infecté.

    1. Désinfecter la morsure

Une fois la tique retirée, il est prudent de se nettoyer les mains ainsi que la zone de morsure avec de l’eau et du savon, puis de la désinfecter avec un antiseptique ou de l’alcool.

    1. Ne jetez pas la tique !

Après avoir enlevé la tique, restez sur vos gardes : elle peut encore piquer. Mettez-la dans un mouchoir ou sur un bout d’adhésif, mais ne la jetez pas !

    1. Surveiller la zone de morsure

Une fois la tique retirée, il est important de surveiller avec attention la zone de morsure. Si une plaque rouge (ou foncée sur peau noire) et ronde apparaît autour de la morsure dans les deux semaines suivant la morsure, c’est le signe d’une maladie de Lyme débutante. Sans traitement, cette lésion, qui apparaît chez 90 % des personnes piquées par une tique infectée, continue de s’étendre progressivement en cercle, parfois pendant plusieurs semaines. C’est ce que l’on appelle un érythème migrant. Il faut le distinguer de la simple réaction inflammatoire due à la morsure, sans gravité, qui survient au bout de deux à quatre jours et qui disparaît spontanément en quelques jours.

À cet érythème migrant peuvent s’ajouter de la fièvre, une grande fatigue ou encore des troubles digestifs dans les semaines, voire les mois qui suivent la morsure. Avec ou sans ces symptômes additionnels, il est nécessaire d’aller consulter un médecin, qui pourra décider de prescrire un traitement antibiotique. Celui-ci est efficace et permet d’empêcher l’évolution vers des formes graves de la maladie de Lyme, qui s’accompagnent d’atteintes musculaires, neurologiques et articulaires pouvant être très invalidantes. En revanche, il n’est pas recommandé de prendre systématiquement des antibiotiques après une morsure car le risque que la tique soit infectée est faible et la prise d’antibiotiques n’est pas dénuée d’effets indésirables.

Les tiques et la maladie de Lyme

La maladie de Lyme se caractérise par une lésion rouge, inflammatoire et qui se manifeste de trois à trente jours après la morsure d’une tique. La lésion forme des cercles autour du point de la morsure et peut s’associer à de la fièvre. La maladie de Lyme se caractérise par des phases plus graves comme des douleurs articulaires, cutanées, cardiaques ou neurologiques. Ces symptômes peuvent se développer des années après si la lésion autour de la morsure est demeurée inexistante. Si vous êtes piqués par une tique, veillez à toujours consulter un médecin en prévention, car la lésion n’apparaît pas toujours.

Premiers signes de la maladie de Lyme

Après une transmission réussie, les Borrelia (bactéries) se multiplient d’abord localement dans la peau dans la zone de la piqûre de la tique et se propagent dans la peau environnante. De là, elle peut se propager par le sang vers le corps et divers organes.

Sans thérapie, la bactérie Borrelia peut survivre pendant des mois, parfois même des années, malgré la réponse immunitaire de la personne infectée (hôte) et provoquer une maladie à n’importe quel stade ou même mourir spontanément. Même une borréliose qui a traversé et guéri spontanément ou après un traitement ne laisse pas d’immunité permanente.

En Europe, la maladie de Lyme commence dans environ 40 cas par le développement d’un érythème migrant (aux États-Unis, environ 70 à 80 %). La rougeur est initialement localisée au point d’injection et se manifeste après 3 à 30 jours, mais généralement pas avant une semaine après la transmission. Elle se propage généralement de manière circulaire autour du site de ponction, atteignant généralement un diamètre de plusieurs centimètres et parfois plus de 20 centimètres. La rougeur s’estompe souvent au milieu et apparaît donc en forme d’anneau. Elle peut également se produire dans plusieurs parties du corps.

On peut distinguer l’érythème migrant d’une rougeur locale de la peau, conséquence directe de la piqûre de la tique. Elle est généralement limitée à l’endroit de la piqûre, ne s’étend pas sur plusieurs centimètres et ne s’estompe pas au milieu.

Symptômes de la maladie de Lyme

Selon le type de première apparition des symptômes, le délai entre l’infection et la maladie (période d’incubation) est très variable : De quelques jours à quelques semaines pour les manifestations précoces, de quelques mois à quelques années pour les manifestations tardives.

La classification habituelle des stades (stades I à III) est de plus en plus perçue comme trop artificielle, car la maladie ne suit souvent pas la séquence de ces stades, mais chaque manifestation de la maladie peut se produire de manière isolée, mais aussi dans différentes combinaisons. La guérison spontanée est également possible à tous les stades.

Première étape de la maladie de Lyme

En Europe, une bonne moitié des infections sont asymptomatiques, c’est-à-dire sans apparition d’érythème migrant comme manifestation précoce typique du stade I.

Chez certains patients, avec ou sans érythème migrant, des symptômes généraux de la maladie apparaissent dans les premières semaines suivant l’infection, tels que fatigue, légère fièvre, douleurs musculaires et articulaires, maux de tête, transpiration, conjonctivite, troubles gastro-intestinaux et gonflement des ganglions lymphatiques.

Phase 2 de la maladie de Lyme

Les premières manifestations organiques peuvent également se produire sans qu’on remarque la morsure de la tique et sans érythème migrant préalable ou symptômes généraux aigus quelques semaines ou mois après l’infection. Ce stade est caractérisé par une infestation du système nerveux (neuroborréliose précoce).

L’inflammation du cœur (myocardite) ou des muscles (myosite) ainsi que l’inflammation des nerfs optiques sont rares.

Dans la neuroborréliose précoce, l’inflammation se produit généralement dans la région des racines nerveuses de la moelle épinière (radiculite), caractérisée par une douleur atroce et brûlante, qui augmente surtout la nuit et est en partie localement liée à la piqûre de tique ou à l’érythème migrateur précédent. Dans le même temps, on observe fréquemment des paralysies flasques asymétriques et non systématiquement réparties. De plus, des défaillances sensibles (perturbations sensorielles) se produisent.

Les déficits neurologiques affectent souvent aussi les nerfs crâniens, principalement sous forme de paralysie faciale unilatérale ou bilatérale (paralysie des nerfs faciaux). Chez les enfants, on observe aussi fréquemment une méningite aiguë ou une paralysie isolée du nerf facial.

La myocardite est une manifestation relativement rare en Europe (plus fréquente aux États-Unis), qui s’accompagne souvent d’une arythmie cardiaque due à des perturbations dans la conduction de l’excitation. Cela peut également entraîner un ralentissement des battements du cœur, ce qui, dans des cas prononcés, peut nécessiter l’utilisation temporaire d’un stimulateur cardiaque.

Les dernières étapes de la maladie de Lyme

Les stades tardifs (à partir du stade III) ne se manifestent qu’après des mois ou des années et touchent principalement les articulations.

L’arthrite de Lyme est une inflammation intermittente ou chronique d’une ou plusieurs articulations. Les principales articulations sont touchées, en particulier les articulations du genou, et, de moins en moins souvent, les articulations de la cheville, du coude, des doigts, des orteils et du carpe ainsi que les articulations temporo-mandibulaires. La douleur et le gonflement s’atténuent souvent après quelques semaines, mais peuvent réapparaître encore et encore, sautant d’une articulation à l’autre.

Une manifestation plus rare est l’acrodermatite, une inflammation chronique de la peau qui se produit principalement chez les femmes âgées. Les personnes touchées sont principalement les extenseurs des jambes et des bras ainsi que les doigts et les orteils. Au début, la peau est rougie et gonflée. Si elle n’est pas traitée, l’atrophie de la peau se développe avec une décoloration bleu-gris ou bleu-violet (livide) et des marques de veines prononcées.

Au fur et à mesure de l’évolution de la maladie, une atteinte articulaire et des lésions nerveuses peuvent survenir.

Une autre manifestation tardive, mais très rare, est la neuroborréliose chronique avec une inflammation chroniquement progressive du cerveau (encéphalite) et de la moelle épinière (myélite) (appelée encéphalomyélite), qui peut provoquer des symptômes similaires à ceux de la sclérose en plaques.

L’inflammation chronique de la moelle épinière (myélopathie) peut se manifester par des troubles de la démarche spastiques-atactiques, des paralysies de la vessie, des troubles sensoriels répartis sur la section transversale ainsi que des paralysies centrales et périphériques (pareses), l’inflammation chronique du cerveau (encéphalite) avec des troubles de la parole et du langage, des pertes auditives et des troubles de la coordination.

Les manifestations rares sont l’épilepsie, le psychosyndrome organique (manque de concentration, troubles de la conscience, hallucinations) et l’inflammation vasculaire du cerveau (vascularite cérébrale, parfois avec thalamus ou infarctus du tronc cérébral).