Que faut-il savoir sur la vaccination contre le Zika ?

Un vaccin contre le zika semble encore lointain, bien que le virus se soit propagé au Brésil, en Amérique centrale et dans les Caraïbes. Ce qui semblait être une infection virale banale est devenu une urgence de santé publique.

La maladie causée par le virus zika n’a inquiété les autorités sanitaires qu’en 2015, lorsque des cas de microcéphalie sont apparus au Pernambouc. En moins d’un an, le virus s’est propagé au Brésil, en Amérique centrale, dans les Caraïbes et a atteint le Mexique. Il n’y a aucun exemple de maladie transmise par les arthropodes qui se répande aussi rapidement. La recherche d’un vaccin est devenue une priorité internationale.

Un médecin de l’université de Pennsylvanie, a déclaré : “Je ne vois pas de problèmes techniques comme ceux rencontrés avec le VIH, la tuberculose et d’autres vaccins.” Selon lui, zika appartient à la famille des flavivirus, les mêmes que ceux qui causent la fièvre jaune, la dengue et l’encéphalite japonaise, pour lesquels il existe des vaccins protecteurs.

Maladie à virus Zika

Le virus Zika est similaire à celui de la dengue et du chikungunya. Il est transmis principalement par les moustiques du genre Aedes.

Dans une revue, un professeur a fait valoir qu’une préparation contenant des virus vivants mais atténués peut être sûre et plus efficace que celle obtenue avec des virus morts.

Le groupe Butantan prévoit d’utiliser cette technologie, déjà utilisée par l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses (NIAID) pour obtenir le vaccin contre la dengue homologué par Butantan, pour la phase de test d’efficacité en cours.

Un virologue Américain qui a étudié le virus Zika chez les singes au Nigeria dans les années 1970 et a collaboré à l’obtention d’un vaccin contre le virus Ebola, soulève deux questions :

1) On ne sait pas si l’infection par le zika confère une immunité durable ou si la maladie peut se reproduire ;

2) Si les anticorps contre la dengue ou la fièvre jaune présentent une réaction croisée avec ceux du vaccin zika, les évaluations de l’efficacité seront compromises.

Le directeur du NIAID, propose une autre stratégie : insérer des gènes de virus dans des plasmides (structures circulaires de l’ADN) et les infecter avec des bactéries afin qu’elles produisent des particules similaires au zika, incapables de se multiplier, provoquant ainsi une maladie.

L’Institut Jenner en Angleterre travaille à l’introduction d’une protéine de surface zika dans des adénovirus inoffensifs qui infectent les chimpanzés, pour les utiliser comme vecteurs qui, lors de la vaccination des humains, déclenchent la formation d’anticorps antizika.

La phase d’étude sur les animaux sera terminée dans quelques mois. Des études avec un nombre limité de participants sont prévues pour la fin 2016. Néanmoins, il faudra des années pour tester un vaccin prometteur dans le cadre d’études de phase 3 avant qu’il ne soit produit à grande échelle.

Bien que le vaccin ne soit pas suffisant, on espère que Butantan pourra produire des antisérums en injectant le virus Zika aux chevaux pour obtenir des anticorps protecteurs pouvant être administrés aux humains, une technologie que l’Institut maîtrise depuis des décennies.

Si la maladie provoque une immunité définitive, je doute que le vaccin arrive à temps. Un virus qui se propage si rapidement peut infecter tellement de personnes que la vaccination devient inutile ou ne convient qu’aux femmes en âge de procréer.

Trois vaccins contre le virus Zika testés chez des adultes en bonne santé induisent une réaction immunitaire satisfaisante. Aucun n’a entraîné d’effets indésirables graves.

Deux ans après l’épidémie de Zika qui a frappé le continent américain, plusieurs candidats vaccinés suscitent déjà l’espoir. Des chercheurs de l’Institut américain des allergies et des maladies infectieuses (NIAID) et une équipe de l’Institut de recherche militaire Walter Reed rapportent que 3 vaccins expérimentaux sont bien tolérés et induisent une réaction immunitaire forte.

Le NIAID a développé deux vaccins différents à base d’ADN viral. Les fragments choisis codent pour des protéines situées à la surface du virus. Une fois que l’organisme a rencontré ces molécules virales, le système immunitaire produit alors des anticorps dirigés contre le virus afin de le combattre.

Le virus Zika est l’agent infectieux à l’origine, chez l’homme, de l’infection à virus Zika. Il s’agit d’un virus à ARN monocaténaire de polarité positive, relevant donc du groupe IV de la classification Baltimore, et appartenant au genre Flavivirus. Il est notamment apparenté aux virus de la dengue, de la fièvre jaune, de l’encéphalite japonaise et du Nil occidental3. Il appartient au même sérogroupe que le virus Spondweni.

Le nom du virus fait référence à la forêt de Zika, près d’Entebbe (Ouganda), où il a été isolé en 1947 sur un macaque rhésus avant d’être caractérisé en 1952 comme une nouvelle espèce virale. Il existe en fait deux lignées de virus Zika, l’une originaire d’Afrique et l’autre d’Asie.

En février 2016, faisant suite à l’apparition de l’épidémie d’infections à virus Zika au Brésil, l’Organisation mondiale de la santé « a rendu l’avis que le groupe récent de cas de microcéphalie et d’autres troubles neurologiques signalés au Brésil, faisant suite à un regroupement similaire de cas en Polynésie française en 2014, constitue une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI).

Il existe deux lignées de virus Zika, l’une originaire d’Afrique et l’autre d’Asie. Des études phylogénétiques indiquent que le virus qui se propage sur le continent américain est identique à 89 % aux génotype africains mais est apparenté plus étroitement aux souches asiatiques qui ont circulé en Polynésie française au cours de l’épidémie de 2013-2014. La souche asiatique semble s’être différenciée aux alentours de 1928.

L’infection à virus Zika est une virose généralement asymptomatique avec quelques cas présentant des symptômes peu marqués évoquant la dengue. Parmi les manifestations de la maladie, on relève température, yeux rouges, douleurs articulaires, maux de tête, éruptions cutanées. Ils se prolongent généralement moins d’une semaine et ne sont pas mortels, en revanche la transmission du virus de la femme enceinte à son fœtus est susceptible d’entraîner une microcéphalie et diverses autres malformations du cerveau chez le nouveau-né, tandis qu’on peut observer un syndrome de Guillain-Barré chez l’adulte.

On peut contracter la maladie essentiellement par piqûre de moustiques du genre Aedes, mais elle peut également se transmettre sexuellement ainsi qu’éventuellement lors de transfusions sanguines. Les femmes enceintes peuvent transmettre le virus au fœtus. Le virus peut encore être excrétée dans l’urine à taux élevés plus de 10 jours après le début de la maladie, après qu’on ne le trouve plus dans le sérum.

Le diagnostic est réalisé par prélèvement de sang, d’urine ou de salive pour y rechercher la présence d’ARN viral, ou pour rechercher des anticorps dans le sang chez les patients présentant les symptômes depuis plus d’une semaine.

Le développement de la maladies à virus Zika

Les symptômes les plus fréquents des personnes infectées sont bénins et peuvent être caractérisés par : une fièvre, une éruption cutanée (exanthème), une céphalée, des douleurs articulaires ou musculaires, une conjonctivite. Bien que 80% des individus infectés ne présentent pas de symptômes, le virus Zika engendre des syndromes neurologiques (tels que le Syndrome de Guillain-Barré) et est surtout identifié comme étant à l’origine de la survenue de microcéphalie chez les nouveau-nés dont la mère a été infectée pendant la grossesse, comme constaté lors de la dernière épidémie au Brésil.

On ne connaît pas très bien la durée d’incubation, mais elle est probablement de quelques jours. Le développement ressemblent à ceux d’autres arboviroses, comme la dengue, et comportent de la fièvre, des éruptions cutanées, de la conjonctivite, des douleurs musculaires et articulaires, un état de malaise et des céphalées. Ils restent en général bénins et disparaissent en 2 à 7 jours.

Après un examen complet des données disponibles, un consensus scientifique s’est établi pour dire que le virus Zika est à l’origine de cas de microcéphalie et du syndrome de Guillain-Barré. Des efforts intenses se poursuivent pour étudier, dans un cadre de recherches rigoureuses, le lien entre ce virus et un certain nombre de troubles neurologiques.

Le virus Zika se transmet à l’être humain par la piqûre d’un moustique infecté du genre Aedes, surtout l’espèce Aedes aegypti, dans les régions tropicales. Ces moustiques piquent en général pendant la journée, avec un pic d’activité aux petites heures du matin ainsi qu’en fin d’après-midi et en début de soirée.

Ces mêmes moustiques transmettent aussi la dengue, le chikungunya et la fièvre jaune. La transmission du virus Zika par voie sexuelle est également possible. On enquête actuellement sur d’autres voies de transmission, transfusions sanguines par exemple.

On peut suspecter l’infection à virus Zika sur la base des développement et des antécédents récents de voyage (par exemple le fait d’habiter dans une région où l’on sait que le virus est présent ou d’y être allé). Le diagnostic ne peut être confirmé que par des analyses de laboratoire du sang ou d’autres liquides biologiques, comme les urines, la salive ou le sperme.

Prévention et traitement de la maladie

La maladie à virus Zika est en général relativement bénigne et ne requiert aucun traitement spécifique. Les sujets atteints doivent beaucoup se reposer, boire suffisamment et prendre des médicaments courants contre la douleur et la fièvre. En cas d’aggravation des symptômes, ils doivent consulter un médecin. Il n’existe actuellement aucun vaccin.

La protection contre les piqûres de moustiques est une mesure essentielle pour la prévention de l’infection à virus Zika.

Pour y parvenir, on peut appliquer des produits répulsifs, porter des vêtements (de préférence de couleur claire) couvrant le plus possible le corps, installer des obstacles physiques comme les écrans anti-insectes, fermer les portes et fenêtres, dormir sous des moustiquaires, et utiliser des produits répulsifs contenant du DEET, de l’IR3535 ou de l’icaridine en suivant les instructions sur l’étiquetage du produit.

Une attention particulière devra être accordée à ceux qui ne sont peut-être pas capables de se protéger efficacement, comme les jeunes enfants, les malades ou les personnes âgées. Les voyageurs et les personnes habitant dans des zones affectées doivent prendre les précautions de base décrites ci-dessus pour se protéger des moustiques

Il est également important de vider ou de nettoyer tous les gîtes larvaires potentiels (sites de ponte) des moustiques comme les seaux, les bidons, les pots de fleurs, les gouttières ou les pneus usés. Les communautés doivent soutenir les efforts des autorités locales pour réduire la densité de moustiques dans leur localité. Les autorités sanitaires peuvent également conseiller de procéder à des pulvérisations d’insecticide.

Le virus Zika peut se transmettre lors d’un rapport sexuel. C’est un fait préoccupant en raison de l’association entre l’infection à virus Zika et les issues défavorables de la grossesse ou issues fœtales indésirables.

Dans les régions de transmission active du virus Zika, toutes les personnes contaminées par le virus et leurs partenaires sexuels doivent être informées des risques de transmission sexuelle.

L’OMS recommande de conseiller correctement les l’homme et la femme sexuellement actifs et de leur donner accès à une gamme complète de méthodes contraceptives pour qu’ils puissent faire un choix éclairé sur l’opportunité de concevoir un enfant et le moment de le faire, afin d’éviter une éventuelle issue défavorable de la grossesse ou issue fœtale indésirable.

Dans les régions sans transmission active du virus Zika, l’OMS recommande à l’homme et à la femme qui se sont rendus dans des zones de transmission active d’avoir des rapports sexuels protégés ou de s’abstenir de tout rapport pendant 6 mois pour éviter de transmettre l’infection par voie sexuelle. Les partenaires sexuels des femmes enceintes qui vivent ou se sont rendus dans des zones où le virus Zika se transmet localement doivent avoir des rapports protégés ou s’abstenir de tout rapport pendant toute la grossesse.

L’OMS coordonne la riposte au virus Zika au moyen d’une étroite collaboration avec plus de 60 partenaires et elle facilite les échanges d’informations entre eux et avec les pays.